Une fois, à Paris.

Je ne t’avais pas demandé la lune, je savais que tu n’étais pas de ceux qui passent leur vie à pleurer un amour perdu, je ne t’avais pas demandé ces promesses que tu m’as faites, ni les larmes du moment, je t’avais juste demandé comment tu t’appelais, je t’avais juste volé ce baiser de cigarette, ce baiser de bière, alors que je n’aime ni l’un ni l’autre, alors que je n’aurais jamais osé le faire à un inconnu, à l’inconnu que tu étais. Connaître ton nom me suffisait. Je pouvais t’embrasser, je te connaissais désormais. Quelqu’un m’a dit bien plus tard, que le baiser était le début de la fin. Le notre était le début tout court, mais sans doute la fin d’une partie de ma vie, alors cette personne n’avait pas complètement tort. Je crois que je t’ai toujours connu mais jamais rencontré. je ne t’avais pas demandé de m’aimer pour toujours, juste de m’offrir une histoire à raconter à mon retour, je voulais juste une inspiration, une raison d’être malheureuse à vie, pour les yeux noirs d’un garcon, pour le coeur d’or de celui qui se veut fort, je voulais juste te parler, je voulais juste que tu m’écoutes, je voulais que tu me tiennes la main, que tu me serres comme seuls les boxeurs savent le faire, je ne voulais rien de toi, c’est toi qui l’a voulu, tu m’as raconté des sottises, j’ai cru que j’etais comprise, tu m’as raconté cet amour que je connaissais, mais qui ne m’avait jamais été raconté, tu m’as chuchoté des secrets, tu m’as fait croire au coup de foudre, et aux rencontres d’amoureux, tu m’as promis la terre entière, alors que tout ce que je voulais était un moment de paix, une île ensoleillée, dans ce bar mal fréquenté, avec toi.
Ta voix m’a caressée pendant des jours, des jours, des nuits et des nuits… Je ne me rappelle plus si j’avais dormi, on avait tant parlé, tant pleuré, on avait fait des projets, et je l’avoue… j’y croyais. Je ne me rappelle plus quel sentiment avait gagné, le bonheur de te connaitre, le doux-amer de ton baiser, la peur de te perdre, ou plutot savoir que c’était en même temps le début et la fin.
Le plafond de ma chambre portait tes photos, je dormais tous les soirs en les regardant, je croyais que tu y étais. Parfois, au milieu de la nuit , quand j’ouvrais les yeux un moment fatiguée d’un mauvais rêve, j’allumais la lumière, je me mettais debout sur mon lit et j’observais tes traits singuliers. Je faisais tout pour te voir, pour aller à Paris, j’allais te rencontrer après un match de foot, à 9h devant le café kléber, notre café, toi, un café crème, moi, un jus d’orange pressé.
Tu disais que j’étais ton ange, ton bébé, ton coeur, tu ne me touchais pas, pour pas me blesser, tu me regardais comme une princesse, comme personne ne l’avait fait, tu me disais que j’étais la seule à t’aimer, et je me demandais comment on pouvait être tellement aveugle mais ca me convenait.
Je jouais avec un chat gris aux yeux verts, un petit chaton qui m’avait aimée, et toi tu me regardais. J’avais les larmes aux yeux quand toi à ton tour tu regardais l’écran de cinéma, c’était un film de boxe dans la langue thailandaise que tu comprends, tu me disais que c’était beau, que je devais regarder, mais moi ca ne m’intéressait pas, c’était toi que je voulais admirer, je savais que ceux-ci étaient les derniers moments même si on avait dit, et juré qu’on allait se revoir. Dans le vent tu as pleuré, tu m’as serrée contre toi, et pour la première fois je me suis sentie en sécurité… Tu as pleuré, tu as pleuré de force et pas de faiblesse, il ne faut pas avoir honte de pleurer, tu m’as dit que tu m’aimais pour la vie, que sans moi tu n’étais rien, que j’étais ta belle et toi mon clochard. Je n’ai rien dit du tout. je n’avais rien à dire, les mots se disputaient la première place, et quand enfin un petit groupe a emporté la bataille, tu étais déjà parti. C’etait “je t’aime” en fait. Tu étais mon prince … et si tu veux, mon clochard.
Un soir, j’ai pris un taxi, après t’avoir embrassé dans la nuit, le chauffeur curieux m’a demandé si t’étais mon petit ami, je n’ai pas pu répondre, j’avais mal à la gorge. Il a sûrement cru que je l’avais trouvé indiscret, ce qui n’a pas dû l’étonner, habitué à la froideur des francais, mais en fait j’aurais voulu crié au monde entier, que t’es à moi, que je t’aime, que tu m’aimes, qu’on sera ensemble à jamais. Je n’ai pas pu parler. Ce jour-là je vis pour la première fois la grande ville à travers mes larmes. T’as déjà vu ta capitale comme moi je l’ai vue? A travers ses larmes, on ne reconnait ni les formes, ni les personnes, tout est un ballet de couleurs, rien n’a de sens, ni les trottoirs, ni les bars, ni les cafés… on ne voit que la vie qui passe, derrière les vitres d’une voiture, comme une personne saoule d’avoir trop bu, trop bu de tristesse, de promesses, de paroles qui “se posent sur ma bouche”…et malheureusement sur mon coeur. Mais je déteste Paris, je la déteste, et je l’aime tant. Désormais, Paris ce sera toi.. La première fois que je t’ai vu, Paris a eu une identité. Avant ca ne me disait rien, c’était beau, japonais et vide. Maintenant, ca veut dire quelquechose, quand on me dira Paris, j’entenderai ton rire, je verrai ton sourire, et je me rappellerai les meilleurs moments de ma vie. Je me demande si je pourrai un jour y aller sachant que c’est fini. Paris c’est toi.
Tant de fois on nous a regardés, comme moi je regarde aujourd’hui ceux qui s’aiment, ceux qui croient encore que l’amour fou existe, ceux qui sont heureux oubliant le monde, oubliant la guerre, oubliant la misère.
Tu m’as serrée très fort, la tour eiffel nous enviait, elle a demandé à la pluie, sa voisine, de tomber, croyant qu’elle pouvait nous séparer… elle est bête, si les kilomètres n’ont pas su le faire, la pluie pouvait rêver. On s’était promené tant de fois dans le vent glacial, seuls dans les rues désertes à cause du froid insupportable, mais c’était bien, et on ne sentait rien, même si nos nez rouges trahissaient une sensation ignorée.
Mes cheveux volaient dans le vent. Devant la porte de l’immeuble, je pouvais regarder le mirroir de l’entrée, et je nous ai regardés. Je savais que c’était la dernière fois, même si on s’était vus et séparés à plusieurs reprises, cette fois c’était différent. Je voulais contempler pour la dernière fois la plus belle image de mon existence. C’est l’image que j’ai encore de toi. Je savais que ca allait être utile. C’est curieux comment la mémoire peut parfois immortaliser un moment.
Tu me disais que j’étais belle, tu me regardais différemment, tu ne voulais rien de moi à part ma présence. Je me rappelle le jardin des plantes, on s’était étalés sur la boue sous le soleil, rien ne nous dérangeait, ni la chaleur du soleil venu après des jours de pluie (après la pluie vient toujours le beau temps), ni la boue sur nos habits… c’était tellement bien. Ensuite, on a couru sous les fontaines, comme quand j’avais 10 ans. Le gardien du parc nous suivait et ca nous faisait rire… maintenant ca me fait pleurer.
On marchait je ne sais où, on a dû beaucoup marché parce que la nuit était tombée.
Ta mère ne te croyait pas quand tu disais que t’as été dans un musée, elle ne pensait pas que tu pouvais aimer van ghogh ou l’art chinois, surtout qu’en rentrant tes habits étaient déchirés des folies qu’on faisait . Elle ne me croirait jamais si je lui disais la vérité, que c’est toi qui m’a appris l’art, la littérature et la beauté.

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7 Comments

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7 responses to “Une fois, à Paris.

  1. hey…ciao bella…felicitation… pour moi tu fait partie de ces si rares personnes qui on connus l’amour, dans ce qu’il a de meilleur et de pir, et qui on su en tiré parti. se relevé, malgré la douleur, et réussir a tourner la page, sans renoncé a lire la suivante… je t’envie… j’aimerai pouvoir en faire autant…

  2. Salut,je ne sais pas si par chance ou par grace que j’ai rencontre ton merveilleux site. D’ailleurs. j’ai lu tout et vraiment vous m’avez marque, on sent que les mots parles et je pretend coe on le dit la figuier donne du figue et alors vous la belle vous donnez coe vous des choses belles… Alors courage

  3. Salut,je ne sais pas si par chance ou par grace que j’ai rencontre ton merveilleux site. D’ailleurs. j’ai lu tout et vraiment vous m’avez marque, on sent que les mots parles et je pretend coe on le dit la figuier donne du figue et alors vous la belle vous donnez coe vous des choses belles… Alors courage

  4. A mes yeux, les blogs ne sont qu’une vulgaire publicité de soi, avec un satané slogan, il y a soit des compliments, soit des insultes en commentaires… Mais il faut croire que mes yeux ne disent pas toujours la vérité et qu’il n’y aura ni insultes, ni diplomaties et surtout pas de jugements… juste un “tu écris bien… sans rentrer dans le trop pathétique radotage de ceux qui racontent leur vie, car en ce qui te concerne tu craches ton existence dans ces mots et c’est superbe.”(peut etre un seul jugement… trop de Coelho tue la littérature mais tu te rattrape avec le petit prince meme s’il faut que tu partes plus au ciné.)

  5. le plus beau texte que tu aies écrit car il te ressemble, il regorge d’émotions et de simplicité.

  6. Merci!!! jai ecrit ce texte il ya plus de 6 ans :)Peux-tu me dire qui tu es?Merci en tout cas.

  7. Georges Saade

    Very Nice blog

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