Ce n’est pas du snobisme, juste de l’indifference necessaire.

Nous passons souvent beaucoup de temps à penser à certaines choses ou personnes, à imaginer des histoires, à repasser des scènes dans notre mémoire, à essayer de résoudre certaines difficultés. Nous y pensons toute la nuit, en faisant du bruit pour tuer le silence, nous essayons de dormir sans jamais trouver la position confortable, notre cerveau est lourd. Puis arrive le matin, la fatigue et la mauvaise humeur : la nuit n’a pas contribué à résoudre nos problèmes et ceux-ci subsistent toujours, le temps ayant aggravé leur ampleur. Nous pensons à des mots qui nous ont été adressés, à des regards, à nos mauvaises notes, à ce garçon qui nous plait depuis toujours et qui ne sait même pas que l’on existe, au temps, à nos parents qui nous manquent même s’ils habitent sous le même toit, à notre futur incertain, à notre santé, nous pensons à nos amis, à ceux qu’on a perdus sans le vouloir ni le remarquer, à notre meilleure amie que nous ne voyons jamais assez… Et notre conscience constitue notre misère.

Nous aimerions oublier, et profiter du moment. Nous aimerions ressembler à cet enfant insouciant, qui rit de tout sans jamais rien comprendre, nous aimerions ressembler à cet homme libre comme le vent, qui n’a pas vraiment réussi dans la vie mais qui s’en fout carrément, nous aimerions ressembler aux papillons qui ne vivent pas assez longtemps pour avoir des soucis ou encore à la cigale tellement heureuse, qui se fait des jaloux parmi les fourmis. Mais notre mémoire nous fait souffrir. Elle fait ressurgir au présent ces choses de notre passé qui rendent la vie dure, le temps paresseux et les nuits blanches. On nous dit que nous aggravons les choses. Et c’est probablement vrai. Rien ne vaut tellement de tristesse et tout finira par s’arranger. Nous donnons des conseils mais nous ne savons pas les appliquer en ce qui nous concerne. Puis le temps finit par nous apprendre. Et vient succéder l’indifférence involontaire aux soucis destructeurs.

L’indifférence devient une condition nécessaire à la survie. Elle pénètre doucement la vie d’une personne, et lui donne cet air léger et froid qui fait sa présence. Elle apparaît quand elle juge la personne capable de vivre détachée de la prison que constitue la société quand celle-ci comprend que cet autre ne doit faire partie de sa vie que dans la mesure où il est épanouissant, qu’il doit sortir de notre sphère individuelle dès qu’il dépasse les limites qui lui ont été initialement tracées. Rien ni personne ne peut désormais la déranger. Elle ne retiendra des paroles des autres qu’une partie minime qui correspond à ce qu’elle aimerait entendre. Elle ne serait pas naive pour autant. Mais elle aurait construit sa censure personnelle sans laquelle elle ne pourrait vivre en paix. Et elle marche insouciante et heureuse, dort bien la nuit, et se réveille la mine parfaite. Le cerveau n’a plus qu’à s’occuper des choses essentielles de la vie. Et tout le reste s’évapore en même temps que nous progressons.

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