A quatre, on a grandi.

C’est à quatre qu’on a grandi. C’est à quatre qu’on a un jour adoré notre enfance, à quatre on a pleuré comme pleurent les enfants, on a ri tellement fort dans les nuits, on s’est aimé, on s’est fait du mal, à quatre on a rêvé, à quatre on a eu peur, on s’est encouragé, on s’est disputé à la maison mais on s’est défendu dans la vie, on a marché à coté, on a rigolé de nos différences, on a appris de nos expériences… Et à quatre on a grandi. A quatre aujourd’hui on fait face à la vie. On la voit d’une facon si differente. Mais on l’aime, je crois, autant. Vous trois, je dois vous le dire, vous serez mes compagnons de toujours.

D’abord il y a Carl. Il a aujourd’hui 26 ans. Les filles, il est beau comme un dieu. Il aime la vie, beaucoup trop je crois, ce qui l’a souvent distrait des « choses sérieuses ». Il a aimé les nuits, il a aimé la musique, les boites, la télé, les jeux, la famille, ses amis et surtout… les filles. Carl est notre grand frère. Il nous a appris à grandir. Il nous a accompagnés à l’école, nous a achetés en cachette des bonbons. Carl a su nous faire rire, il nous a appris les leçons qu’il a tirées de ses propres fautes et nous a consolés quand on avait des soucis. Il a supporté le poids de la responsabilité alors que nous étions trop jeunes pour comprendre que parfois les choses pouvaient aller mal. Il a essayé de nous cacher tout ce qui aurait pu nous rendre triste. Il gardait ces choses-là pour lui et nous a offert les plus beaux moments de notre enfance. Il nous a proteges dans les rues de Paris, et a 10 ans, il avait deja aide ma mere a demenager d’un pays a un autre plusieurs fois, alors que mon pere le regardait fierement du haut de son avion. Il refaisait sa vie a chaque fois, sans jamais se plaindre, se faisait de nouveaux amis, s’adaptait aux changements et n’oubliait jamais son role de grand frere. Carl, tu trouveras un jour la femme qu’il te faut, celle que tu pourras aimer comme tu aimes le faire, celle avec qui tu seras toi, souriant, dynamique, nerveux et reveur. Tu l’as feras danser et ensemble vous ferez votre vie. Carl est le plus rebelle de nous 4. Il n’a jamais su se conformer aux règles posées par la société. Il a toujours été différent. Aimé par tous, il garde toujours son cœur d’enfant. Il a grandi aujourd’hui. Il a 26 ans. Il travaille à Dubaï et réussit bien ce qu’il fait. J’ai grandi aussi. Peut-être. Mais il restera à jamais mon grand frère.

Ensuite il y a Carol. Carol, 22 ans, fait partie de ceux que je décris parfois : ceux qui ont l’habitude de réussir. Elle a toujours été excellente, aussi bien dans les études qu’en sport, en amour ou en amitié. Carol a un très fort caractère, elle est belle, brille à sa façon et a toujours des projets. Quand moi je rêve, elle planifie. Elle partira bientôt, une fois son centième diplôme achevé. Elle partira dans deux mois, à Londres et à New York, elle partira parce qu’elle a besoin de continuer son chemin si brillant, elle partira parce que la vie l’appelle, le monde est grand, elle partira parce que ses ambitions dépassent les limites géographiques et les horizons qu’on lui propose. Elle me laissera ici, et me privera de son amitié et de son support. Elle partira en emportant avec elle une part de mon cœur. J’aurai besoin d’elle, j’aurai besoin de sa force dans les moments où je serais fragile, j’aurai besoin de ses idées, de sa logique, de sa tendresse… Mais elle ne sera jamais vraiment partie, je le sais. On ne peut pas séparer deux sœurs. Et ensemble, on restera. Entre les sœurs, une amitié qui défie le temps et l’espace. Nos cœurs seront à jamais unis, mes pensées pour elle, et mes prières pour la protéger. Carol, je t’aime. Je sais que tu dois partir. Je te retrouverai très bientôt. Attends-moi. Réfléchis pour moi. Reste ma force, mon espoir… mon bonheur.

Et puis Ralph… L’ange de la maison. Ralph l’ange et le diable. Le plus petit de tous. Ralph a 17 ans, et ressemble aux deux premiers à la fois. Il aime la vie et partage son temps entre les filles, le sport et les études. Il réussira, je le sais, parce qu’il est honnête, fort et sensible à la fois. Il réussira parce qu’il le veut, parce qu’il sera à jamais notre petit frère et on essayera de le protéger. Ralph grandit. Il est presque un homme aujourd’hui et commence à avoir sa vie privée. On a du mal à rester à l’écart. Mais il a son histoire personnelle à écrire. Il a sa vie à construire. Et il ne nous ressemble pas. Ralph nous fait sourire, Ralph me remplit le cœur. Ralph est le dernier de la liste, mais sans doute le plus mature. Le plus petit qui joue parfois – et si bien- le rôle du plus grand.

Et enfin… il y a moi. Un enfant parmi les quatre, attaché aux trois autres, qui déteste devoir grandir et se séparer d’eux. Il y a moi, maladroite et fragile, ayant survécu grâce à nos forces réunies et nos énergies concentrées. Il y a moi, qui vous aime énormément. Une seule chose me console, une phrase tirée encore une fois d’une chanson : « On ne changera pas le monde, mais il ne nous changera pas. »
On partira alors, chacun de son coté, chacun vers ce qui l’attire. Et au carrefour de nos routes, on parlera de notre enfance, on puisera de notre passé la force nécessaire pour l’avenir et on continuera nos chemins respectifs pour se retrouver un autre jour, une autre année, avec tellement de choses à se raconter. Carl, Carol et Ralph, vous savez, à quatre, le monde est si beau.

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6 Comments

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6 responses to “A quatre, on a grandi.

  1. apres que tu sois partie rejoindre les bras de Morphée, je suis venu jeter un oeil ici en esperant trouvé une de ces petite perles d’ecriture que tu nous reserve parfois… dans l’espoir de prolongé ces moments que l’on passe ensemble… je n’en attandai pas tant… merci 😉

  2. encore une chose… tu n’es pas qu’une enfant parmis les quatres, ni fragile, encor moins maladroite… tu es aussi indispensable a votre quatuor que les trois autres… tu n’a pas survecu, tu as vecu, tout ces moments partagé… les bons comme les mauvais… c’est le grand frere qui parle… Demande leur… si seulement tu pouvai te voir par leur yeux…

  3. jaimerais bien que tu les rencontres :)merci chris…

  4. trop sympa la photo avec Carl trop grand de taille!!!!

  5. hehehe… thx :)c vrai kelle est drole cette photo. Et moi alors!!!! :)bisous…

  6. Karen, il est vrai que se décrire soi même est une tache très difficile, même à une pro de l’écriture comme toi. C’est pour cela que je t’écris ce petit mot, pour dire ce que tes mots n’ont pas la force d’exprimer.Très peu de gens ont la chance de voir en une vie, une chenille prise dans son corps, se transformer en un papillon merveilleux. Une chenille s’est débattue pendant des années pour pouvoir voler à travers ses rêves et émotions. Mais avec tellement d’espoir, courage et une force tellement grande je l’ai vu transformer en papillon. Ce papillon karen est toi. Tu es notre papillon, pleine de surprises, d’amour et de tendresse.Libre comme l’air, tu partages tes histoires, emotions et expériences pour inspirer le monde. Tout le monde n’a pas la chance d’être un papillon, tout le monde n’a pas la chance de voir la vie comme tu la perçois. A la fois belle, intelligente, libre et affective, tu fais rêver pleins d’esprits.Nourris-toi toujours de bonnes émotions, ce sont elles qui conditionnent en grande partie ta vie. Je t’aime très fort.Ta sœur.

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