Quand on perd ses valeurs.

Quelles sont vos valeurs ? Chaque personne a ses valeurs. Toute personne a des valeurs. Elles naissent et grandissent avec elle. Elles guident ses actions, stoppent parfois ses mouvements et réactions, empêchent ou poussent à agir, rassemblent et séparent. Les valeurs caractérisent la personne qui les adopte. Elles en font quelqu’un de bien ou d’ordinaire. L’absence de valeurs influence également le caractère. Certains ont pour valeurs l’amitié, la fidélité, l’amour. D’autres n’en ont pas. Ils ne risquent pas d’être déçus. Et je les envie aujourd’hui.

Je ne me souviens pas quand elles sont nées en moi. Le jour de ma naissance ? Juste après ? Bien après ? Quand naissent les valeurs ? Y a-t-il un moment où l’on se dit : « A partir de ce matin je serai généreux, heureux, poli, aimable, serviable et honnête ? » Je me souviens d’avoir décidé il y a quelques années d’être gentille avec tout le monde, même avec ceux que je n’aimais pas. Pour respecter mes « valeurs », je reformule ma phrase : Je me souviens d’avoir décidé il y a quelques années d’être gentille avec tout le monde, y compris ceux dont les intérêts ne rencontrent pas les miens. Je me souviens aussi d’avoir oublié ma nouvelle valeur-résolution aussitôt décidée. On ne décide donc pas ses valeurs.

Les vraies valeurs sont donc attachées et confondues avec la personne. Elles constituent l’être, le forment. Elles SONT la personne. Les valeurs sont celles qui sont tellement naturelles qu’on ne remarque pas leur existence. On croit que c’est la seule façon de vivre, et que tout le monde, comme nous, agit de la sorte. Les valeurs naissent alors au même moment que naît la personnalité de l’individu. Ce même jour où il se socialise, où il choisit, refuse, adopte, rejette, accepte, grandit.

Moi aussi j’ai une personnalité. Moi aussi j’ai des valeurs que j’ai vues grandir en moi. J’ai idéalisé certaines personnes au point de vouloir grandir et leur ressembler. J’ai tellement embelli les choses que tout défaut me perturbe désormais. J’ai pris inconsciemment leurs valeurs. J’ai volé machinalement leurs principes, je les ai appropriés, et j’en ai fait des règles sacrées à respecter. Elles n’étaient pas nécessairement les meilleures qui soient, mais celles qui correspondaient à mon évolution. Et j’ai vraiment cru que c’est ainsi que tout le monde était.

Puis un jour, par hasard, je découvre la disparition de ces qualités qu’elles avaient. Ou que je croyais voir en elles. Je ne sais pas si j’avais tout inventé dès le départ ou si effectivement, leurs valeurs n’existent plus aujourd’hui. Dans les deux cas, que deviennent les miennes ? A quel sort sont-elles vouées si je ne reconnais plus leur source ou si leur raison d’être n’existe plus ? Perd-t-on ses valeurs ?

Que faire quand on n’a plus de valeurs ? Envier ceux qui n’en avaient pas dès l’origine puisqu’ils ne souffrent pas d’un changement quelconque qui puisse les affecter ? Envier ceux dont les valeurs sont immuables et qu’un vent violent ne saurait faire frissonner ? Comment faire pour les rattraper alors qu’elles courent si vite, comment faire pour en adopter d’autres alors même que l’envie d’en avoir nous manque ? Que faire quand on a besoin de vivre désormais sans valeurs ? Je n’oserais dire que, comme eux, j’ai besoin de perdre tout ce qui rend l’homme supérieur, ou du moins, spécial. Je n’oserais dire que comme tous ceux que je connais, j’ai besoin de me « déshumaniser ». En n’osant pas, je l’ai peut-être dit. En n’osant plus, j’ai prouvé qu’elles sont vraiment parties.

Je croyais que l’évolution, à travers l’âge, la connaissance, le savoir, l’expérience et l’échange, faisait naître en l’homme des tendances idéales. Je remarque déçue que plus on grandit, plus on perd l’envie de grandir et cette si belle vision des choses qui nous paraissait si vraie, si douce, si belle mais qui s’avère aujourd’hui si erronée ! Plus on grandit, et plus on n’arrive plus à toucher cette « presque perfection » de la jeunesse. Plus on grandit et plus on remarque que nous les jeunes on sait bien plus, bien mieux, que les « grands ».

Je regrette ces moments où je croyais que les autres savaient plus ou mieux. Je regrette ces moments où je n’ai su profiter de l’amour, la fidélité, l’amitié. Je croyais que les valeurs pouvaient, comme moi, s’épanouir et se transformer en quelque chose de splendide et d’éternel. Je n’ai pas compris que tout était là. Et que plus le temps passe, plus on perd ses valeurs.

Les valeurs n’appartiennent qu’à nous, les jeunes. Alors profitons du peu qui nous reste. J’ai perdu la grande majorité des miennes. Il m’en reste une ou deux. Et je sais qu’elles disparaîtront aussi. J’ai voulu écrire un texte heureux. Mais j’ai perdu cette valeur qui me chuchotait qu’il faut propager le bonheur et oublier le malheur. J’ai voulu écrire un texte vrai. Et je l’ai fait. Les valeurs, elles aussi, sont mortelles. Elles naissent magnifiques et s’éloignent doucement au fur et à mesure que nous découvrons la vie. Elles sont peut-être incompatibles. La vie… Et les valeurs.

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3 responses to “Quand on perd ses valeurs.

  1. ciao bella…me revoila, dans touts les sens de terme… Il est etrange de penser que nous sommes presque arrivés aux memes conclusions en passant par des chemins totalement différents… je dis presque, car j’ai choisi d’adopter une vision, non pas moin réaliste,mais une qui m’est prpore… les valeur se perdent? soite, alors il ne tien qu’a moi de faire survivre les miennes.je croi envor en cette evolution don tu parle et en laquelle tu ne croi plus… l’idéal, peu etre pas…mais aux moins le mieu, c’est la moindre des choses a transmettre aux générations d’apres…

  2. C”est peut etre le fait qu’on n’ait “plus” envie davoir des valeurs… On se sent betes den avoir qd tout le monde sen moque. Quand on admire ceux qui nen ont pas. quand on reussit mieux qd les valeurs deviennent des obstacles… Quand on ne sait plus exactement ou elles st et si elles ont vrt existe…Mais peut etre qu’elles survivent une mauvaise resolution. Et quelles reviennent qd meme, plus fortes et plus imposantes.on verra?

  3. ca ressemble a l’eternel choi a faire entre ce qui est bien, et la facilité… apres chacun son point de vue…

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