C’etait il y a quinze ans.

Ce matin, j’ai eu une conversation avec une personne que l’amour avait abandonnée. Ce matin, j’ai eu une conversation avec quelqu’un qui avait peut-être abandonné l’amour. Et qui disait qu’il avait opté pour l’amitié, sa sœur jumelle. C’est son avis, certes. Mais cette vision des choses ne correspond pas à mes expériences (très limitées).

J’ai toujours dit que l’amour était partout. Je fais partie de ceux qui aiment. Parce que tout le monde aime, tout simplement. Mais c’est de l’amour que l’on éprouve envers sa famille et ses amis que je parle, ce que j’appelle « l’amour simple ». L’amour compliqué qui unit deux personnes et qui résiste au temps et aux difficultés diverses est, par définition, très compliqué. Et je ne saurais, en ces quelques lignes, en parler.

Il y a un moment, un instant, un jour, une nuit où l’on remet en cause sa vie. On se demande ce qu’on a fait jusqu’à ce jour, ce qu’on aurait voulu faire, ce qu’on a eu peur de dire, on repense à des endroits visités, des personnes rencontrées, des amis disparus, on repense à une plage où l’on a passé son enfance, à une cour de récré. Et c’est sur cette dernière image je me suis attardé. Une image de toi. En rose. Une image de nous. On avait cinq ans. C’était il y a quinze ans.

Je n’aime pas ces moments où l’on repense son existence. Trop de choses nous bouleversent. Il faut alors trier, rejeter, accepter, admettre et essayer de ne pas regretter. Certaines stations attirent notre mémoire en particulier. On en refoule d’autres. Le passé est parfois le pire ennemi du présent. Mais ces stations d’hier ont quelque chose en commun. Ces stations d’hier portent toutes le même nom, le tien. J’ai quelquefois oublié que tu as toujours été là. J’ai quelquefois cru à tort grandir et me détacher des liens de la vie. J’ai cru à tort que la force que l’on acquiert à travers les années nous dispensait de l’intensité de l’amitié. J’ai cru à tort, quelques minutes lâches et fragiles face aux années, pouvoir vivre sans toi.

Aujourd’hui est un de ces jours où je repense mon enfance. Et je te vois partout. Tu as traversé avec moi mes quinze dernières années. Tu as supporté mes erreurs, calmé mes peurs et ensemble on a tout partagé. Je me souviens d’un serpent à sept ans, d’une chanson à dix, d’une loi à douze, je me souviens de tes premières amours, de tes anniversaires successifs… Je me souviens de tout. Je me souviens de ta voix qui me rassurait alors que je défilais, incertaine, sur un podium glissant et pathétique. Je me souviens de tes conseils.

C’est vrai qu’on a grandi. C’est vrai qu’aujourd’hui on a beaucoup changé. Et que je n’ai pas vraiment envie de grandir. Mais je réalise combien tu as été là. Je réalise à quel point l’amitié est importante dans la vie d’une personne. Si tout est éphémère, l’amitié, elle, est la plus grande source de stabilité et de bonheur.

Alors on grandit, volontairement pour certains ou comme moi, avec ennui. Tout change. Presque. Parce que certaines choses dans la vie sont, heureusement, inchangeables. Comme toi… Et pour toi j’essayerai de ne plus changer.

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3 responses to “C’etait il y a quinze ans.

  1. “L’amitié est une religion sans Dieu ni jugement dernier. Sans diable non plus. Une religion qui n’est pas étrangère à l’amour. Mais un amour où la guerre et la haine sont proscrites, où le silence est possible” Tahar Ben JellounUne loi naturelle veut que nous désirions notre contraire, mais que nous nous entendions avec notre semblable. L’amour suppose des différences alors que l’amitié suppose une égalité. L’amour va et vient (mais ne disparaît jamais) alors que l’amitié dure car elle est construite sur une base plus solide. Il est parfois nécessaire de se réfugier dans l’amitié en attendant l’amour.

  2. ca en m’est pas destiné, je ne peu donc faire aucun commentaire qui ai une quelquonque valeur… mais si tu le veu bien, on peu en reparler d’ici une petite dizaine d’année 😉

  3. moi je ne me rapelle pas avoir ete la pour toi. je ne me rappelle pas tavoir conseille et aide. je ne me rapelle pas parce ke ce ke g fai ct necessaire(et par necesaire je ve dire ce ki ne pe pas ne pas etre) ct “naturel” (mot que je naime pas trop)

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