Il suffit qu’elle soit unique.

C’est en buvant un délicieux café, sur une belle terrasse, avec une personne qui m’est chère, que j’eus une brillante idée. Je suppose qu’elle fut réellement brillante puisque je me rappelle –vaguement- avoir eu envie de rentrer sur le champ rien que pour pouvoir écrire mon histoire, cette histoire qui relancera –peut-être- une succession de textes créés par besoin et envie. Je pris le chemin du retour avec hâte, imaginant déjà les prochaines heures, assise confortablement dans mon lit, mon ordinateur sur les genoux, mes lunettes sur le nez, à relater quelque récit qui pourrait intéresser quiconque ou personne. J’arrivai évidemment à la maison et je créai le décor propice de mes moments favoris. Tout était là… sauf mon histoire ! Je l’avais oubliée… J’appelai alors mon ami, celui avec qui j’avais passé l’après-midi, mais il n’en savait rien. Je ne l’avais pas partagée avec lui. J’avais pourtant la certitude de l’avoir explicitée. Ca devait être encore un sale tour de mon imagination.
Peu importe… Un oubli d’histoire remplaça mon histoire qui devait être sans doute aussi banale que la vie de tous.
Une vie banale… J’ai souvent effacé, en appuyant avec insistance sur la flèche « delete » du clavier, un épisode qui racontait une journée sur la plage, un après-midi avec toi, une conversation nocturne au téléphone. J’ai souvent effacé des « bouts de vie » qui me semblaient tout à coup banals. J’ai souvent eu la peur, le manque de confiance, de partager des moments précieux qui semblaient ordinaires une fois écrits. Puis je t’envoie par texto qu’une vie ordinaire, c’est extraordinaire… Et je la retrouve, mon histoire… Ou bien une autre. Peu importe. J’ai retrouvé une histoire quelconque, une histoire banale, une histoire qui appartient à tous, j’ai compris pourquoi il la trouvait belle, cette fille que je n’avais pas remarquée avant de le connaître, j’ai compris pourquoi le petit Michel adorait les fraises que je pourrais bien remplacer par des cerises, j’ai compris –un peu- ce que mon père ressent à chaque fois que son avion décolle, ce qu’un footballeur peut ressentir quand il marque un but et tout le reste qui, pour moi, n’avait aucune importance… ou si peu.
Ce n’est pas grave si j’ai oublié mon histoire. Elle devait sans doute raconter un sourire, un regard, une promesse ou une glace. Toutes les histoires se ressemblent. Elles n’ont de sens qu’une fois vécues. Alors tu comprends maintenant pourquoi parfois j’ai envie d’être seule, sous le soleil, un livre entre les mains (même s’il ne sera jamais lu) ? Je repense à ces bouts de vie qui font ma vie, à des épisodes que je ne saurais raconter, à un bonheur qui se manifeste sans cesse, tantôt discret et tantôt imposant.
Et puis je raconte une histoire qui est la somme de toutes et qui englobe celle que j’ai oubliée, qui la dépasse, la transcende et la snobe pour devenir l’histoire des histoires, la somme de sentiments légers qui hantent nos vies.
Ce que je viens d’écrire est l’Histoire de moments anodins absolument hors du commun. Aucune vie n’est banale. Il suffit qu’elle soit unique. Et elle l’est toujours…

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One response to “Il suffit qu’elle soit unique.

  1. unique, c’est le mot… ce qu’il y a de fantastique avec toi, c’est que quant tu raconte l’histoire d’un sourir qui n’appartient qu’a toi, c’est sur mes levres, en te lisant, qu’il se dessine… cette promesse, je l’interprete comme celle de nouvelles histoires a lire… et il t’a suffit de deux mot pour me faire lever pour aller cherché une glace 😉 enfin te revoila… enfin je peu te lire… enfin…

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