Les samedis soir d’autrefois

Je ne saurais vous dire avec certitude, pour parler de cette période passée de ma vie, si j’étais heureuse ou pas. D’abord parce qu’on ne sait jamais bien évaluer ce qu’on ressent au moment même ni apprécier le bonheur de l’instant. D’ailleurs, je ne pense pas m’être arrêtée quelques secondes pour le savoir, dans cette course qui faisait ma vie. Ensuite, parce que les souvenirs sont toujours flous, comme le sont ceux qui me ramènent ce soir quelques années en arrière. On dit que les souvenirs sont toujours heureux, même si la chose dont on se souvient l’est moins. Alors que sais-je si j’étais heureuse… Je ne fais pas confiance aux souvenirs. Puisque je les crée, comme un texte que j’écris ou une histoire que je raconte. Puisque j’en rajoute parfois un petit peu, en finissant par y croire, un peu mythomane. Et puis la mémoire a ses défauts.

Les samedis soirs d’autrefois sont différents de ceux d’aujourd’hui. On passait la journée à programmer la soirée du soir, qui allait être la copie presque conforme du samedi d’avant et de celui d’après probablement. Et puis, dans un chaos total et un bavardage autant inutile qu’assourdissant, on se préparait des heures pour bien vivre « l’évènement » qui se reproduisait chaque semaine, dans un intervalle de 7 jours exactement, comme une habitude, une routine, un rite, une dépendance. Les samedis soirs d’autrefois étaient fous, saouls, drôles et lost. Les autres importaient peu. Perdus dans la foule et la musique, on vivait pleinement un samedi soir.

Aujourd’hui, tout a changé. On a grandi peut-être. Trop vite sûrement. Puisque le samedi ressemble presque aux autres jours de la semaine, et je le passe souvent devant la télé à regarder un film quelconque sans trop de concentration. Alors on sort peut-être, parfois pas, peu importe. On s’appelle pour voir s’il y a quelque chose de prévu pour le soir, chose qui aurait constitué un crime autrefois, car trop évidente.

Si j’étais heureuse ? Sans doute oui… Je viens de croire, une fois de plus, mes souvenirs. Car je n’ai gardé en tête que les moments de bonheur. Mais on a grandi. Et demain je me souviendrai de ce soir, ce soir qui n’est pas moins beau qu’hier, non, pas du tout, mais simplement trop différent.

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