Si tu rencontrais le temps…



Si tu rencontrais le temps aujourd’hui, que lui dirais-tu ? Si tu le voyais courir, essayerais-tu de l’arrêter ? Si tu en avais la possibilité, lui cracherais-tu à la figure ? Si tu voulais comprendre, lui demanderais-tu des explications ?
Si tu rencontrais le temps, pourrais-tu lui demander de ma part pourquoi il est toujours pressé ? Pourrais-tu lui dire que j’ai essayé en vain de le retenir ? Pourrais-tu lui faire comprendre que je ne fais plus partie du jeu désormais, qu’il me laisse tranquille car moi, j’ai envie de rester ? Pourrais-tu lui demander pourquoi il fait payer des rides à ceux qui décident de grandir ? Pourrais-tu lui dire que l’équilibre qu’il essaie d’établir entre ceux qui savent trop et ceux qui sont trop beaux en retirant la beauté aux premiers et la sagesse aux seconds est tout à fait ridicule ? Pourrais-tu lui dire que je suis heureuse aujourd’hui et que j’ai décidé une fois pour toute de l’ignorer ? Que je le déteste et qu’il ne me fait plus peur désormais ?

J’ai tant respecté ses règles rigides. Je me suis souvent entendue dire « il est trop tôt pour t’aimer », « il est trop tard, je dois rentrer », « il n’est pas encore temps de nager », « il fait encore un peu froid en mai », « à 18 ans on est trop jeune en réalité »… J’ai essayé de lutter contre lui, tantôt en écrivant et tantôt en prenant des photos. J’ai voulu immortaliser des souvenirs et bien vivre un instant qui me menaçait sans cesse de disparaître. Je me suis pliée aveuglement à des conditions insensées. J’ai parfois même enfermé mes émotions dans des conditions et des délais. J’ai divisé mes relations en étapes temporelles. J’ai passé mon temps à calculer et à mécaniser mes rencontres.

Pourtant, une conversation qui dure le temps d’une soirée peut parfois être bien plus enrichissante qu’une relation de longue durée. A 18 ans on peut être mature quelquefois. Un seul regard est susceptible de transmettre plus d’émotions que suite à l’écoulement des 4 saisons. Et ce soir, j’ai l’impression de bien te connaître. J’ai le sentiment de t’avoir toujours connu. Un sentiment « qui tend vers la certitude » me dirais-tu. Ce soir, je me moque du temps. Ce soir, je ne sais plus exactement ce qu’il veut dire, à quoi il ressemble et s’il existe vraiment. Ce soir… Puisque je te connais.
Si tu rencontrais le temps ? Dis-lui d’aller faire un tour ailleurs et de revenir… Ou pas. Puisque je sais que je ne vais plus grandir. Je le sais. Car tu m’a promis qu’ensemble, on ne peut pas vieillir. Tu m’as fais cette promesse. Une promesse qui défie le temps. Une promesse courageuse et dangereuse. Une promesse qui sera, j’en suis sure, tenue.

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