Pendant ma pause déjeuner…

Aujourd’hui, j’ai décidé de profiter de ma pause déjeuner pour m’acheter quelques bouquins. Sauter un repas pour avoir le temps de choisir des trucs à lire me semblait être une bonne affaire. Ce matin, à travers la vitre du bus, j’ai aperçu une librairie pas très loin du bureau. J’essayai de me rappeler où elle se trouvait et trouvai rapidement mon chemin.
A l’intérieur, il fait froid. Dehors aussi d’ailleurs. Le soleil imposant m’a bien trompée. Car ici, il s’entend bien avec une très basse température.
Je fais des tours inutiles et parmi des centaines de bouquins, les ventes de la semaine, les coups de cœur du libraire, les nouveautés, les best sellers et les classiques, je ne pus faire mon choix.
Je continue ma ballade dans des rayons vulgaires car trop chargés, lourds de mots souvent grossiers, maladroits car permettant à Nothomb et à Molière de se côtoyer. Je regarde autour de moi pour voir ce que les autres choisissent. J’observe une fille qui doit avoir mon âge pour savoir ce qu’elle aime mais elle finit par serrer son bijou proche de son cœur et par me regarder d’un regard furieux de tant d’indiscrétion. Et elle a raison. Ce qu’on lit ne regarde personne. Heureusement.
Je ne sais pas quoi choisir. Ma pause est bientôt finie. Je ne veux pas rentrer sans avoir quelque chose à lire pour ce soir. Et pour demain soir. Et pour les soirs à venir. Et pour les parcs de Paris. Et pour le métro. Et pour l’avion qui va m’emmener en Espagne. Et pour la plage de là-bas. Et pour la plage d’ici. Mais quelle plage ? Qu’est-ce que je raconte…
Je ferme les yeux et je touche des livres posés sur une table basse. Ces livres que l’on expose et que l’on vante car l’on croit qu’ils seront vite achetés. Je passe mes doigts sur leurs couvertures et essaie de deviner leurs contenus. Rien ne me plaît.
Je vais visiter les livres délaissés. Ceux que l’on condamne à rester cachés. Je laisse mes yeux courir sur les étagères et passer du A au S au W. Quelqu’un fait comme moi. Je respire l’odeur du papier neuf. Il en fait de même. Je lis les titres. C’est comme ça que je choisis mes livres. Parfois. Je lis la dernière phrase, discrètement. Je la lis en cachette car elle me semble interdite. Il me regarde du sourire malin de celui qui sait. Je déteste qu’on me viole ce plaisir de tricher. Cette dernière phrase est souvent énigmatique-pathétique. Elle est parfois inachevée. Elle semble presque toujours vouloir surprendre. Je choisis celles qui ne veulent rien prouver. Je choisis ces livres qui se terminent par « et puis je fais mon café », ou « hier, je l’ai embrassé » ou encore « je ne sais pas ce que je vais faire de ma journée ».
Heureuse d’avoir trouvé ce qui me ressemble, des livres qui racontent des histoires non dignes d’être racontées car banales comme la vie de tous, je les enfuis au fond de mon sac. Je serais furieuse qu’on me demande ce que je lis. Car je ne lis jamais les ventes de la semaine, les coups de cœur du libraire, les nouveautés, les best sellers et les classiques. Je lis plutôt ces livres oubliés… Des livres pour lesquels je sauterais bien ma pause déjeuner.

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