Un dejeuner avec lui

Il est huit heures du matin. Je suis déjà réveillée. Je suis réveillée très tôt pour un samedi. Hier, j’avais pris la précaution de bien fermer les volets. Il fallait que je m’offre une bonne nuit de sommeil après une semaine bien fatigante.
Je ferme les yeux comme pour tromper mon corps très bien éveillé. Je tire sur mes paupières comme pour les forcer à rester fermées. Puis je me lasse de ce jeu inutile et décide de sortir hors du lit. Mais que faire alors que la ville est encore couchée ? Je décide de faire le linge, la vaisselle, le repassage, le ménage jusqu’à trouver l’heure décente et pouvoir enfin sortir. Mais je travaille rapidement – c’est une qualité que j’ai gagné de ma mère – et en moins d’une heure, j’avais tout fini. Je fais les cent pas en attendant son appel. Aujourd’hui, j’ai rendez-vous avec lui.
Je prends mon téléphone et tremble un peu. Je me demande si je devrais l’appeler ou le laisser dormir. Je décide d’attendre un petit peu. Je prends ma douche et j’enfile les habits que j’avais choisis hier soir. Je me demande s’il va me trouver bien. Je me demande si je n’ai pas grossi un petit peu depuis que j’habite seule et que je mange n’importe quoi pour gagner du temps…
Il est treize heures. Il m’appelle enfin. Il me dit de venir : chambre 2143, méridien, montparnasse. Je quitte tout de suite. Au métro, je fixe la ligne représentant la succession des stations. Il m’en reste 6. Je suis impatiente. Je stresse. Je me demande si ça se voit sur mon visage que j’ai un rendez-vous important. Je décide d’écouter de la musique mais j’enlève vite les écouteurs. Aujourd’hui, la musique ressemble bien plus à du bruit.
J’arrive enfin. Je sors de la station. Je me dirige vers l’hôtel. Je presse le pas. Je ne veux pas courir. J’imagine ma démarche, trop rapide et trop lente à la fois, rapide instinctivement, lente car je veux qu’elle le soit et je me dis que le résultat doit être bien ridicule et bien représentatif de mon dilemme.
Je suis dans l’ascenseur. Avec deux autres personnes. J’ai l’impression qu’elles me fixent trop. Je me demande si elles peuvent lire dans mon corps trop agité, dans mon cœur trop bouleversé, dans mes yeux prisonniers de la cabine, que j’ai un rendez-vous important. Je me regarde dans le miroir. Et puis je me dis qu’elles ne me regardent que parce qu’il est difficile de regarder ailleurs dans un espace d’à peine un mètre carré. Peut-être plus. Peut-être moins. Je n’en sais rien…
J’arrive devant sa porte. Je tape. Il ne répond pas. Dix minutes plus tard, la femme de ménage me conseille de taper plus fort. Je tape plus fort. J’entends sa voix qui me demande de patienter. Encore… Et je patiente.
Il m’ouvre. Il n’a pas changé. J’ai le cœur qui bat et le sourire qui se dessine le plus naturellement du monde. Je le regarde. Il est toujours le même. Il a toujours ce même visage réconfortant, le sourire de quelqu’un qui aime, l’attitude décontractée et la mine trahissant de longues heures de voyage. Il y a de petits cadeaux déposés sur le lit et sa valise est encore ouverte sur le sol. Son cœur est ouvert aussi.
Je m’approche de lui. Je lui fais un petit bisou rapide. Je le serre fort mais timidement. Je n’arrive pas à lui dévoiler davantage. Je suis un peu embarrassée par cet excès d’amour. Je ne me comprends même pas…
On déjeune. On discute. Je l’écoute surtout. Je l’aime. Je ne veux pas qu’il s’en aille. Pas tout de suite. Je commande une entrée. Un plat. Un dessert. Un café… Histoire de le retenir le plus longtemps possible.
J’ai réussi à entretenir une très longue conversation. Mais à un moment donné, il a fallu qu’on se quitte. Je l’ai serré aussi fort que j’ai osé et je lui ai dit combien je l’aimais et combien mes deux frères et ma sœur l’aimaient aussi. J’aime quand mon père vient à Paris…

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4 Comments

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4 responses to “Un dejeuner avec lui

  1. C’est à moi de te dire MERCIO fait, j’étais déprimé (bien sûr 1 histoire d’amour)En fouillant sur Internet j’ai tombé par hasard sur ton blog…Et là, quand j’ai lu l’accroche de ton blog (j’ai choisi les mots pour remercier la vie…pour la décrire, pour la comprendre…)ca ma donner une motivation mais incroyable…pour continuer à écrire (mais moi en arabe…) à comprendre la vie… …entre parenthèse j’ai adoré ton texte sur la liberté (Libre), … Continue Encore merci

  2. ciao bella… quelque trop longues nuits sans pouvoir te lire ne m’ont pas fai oublier le plaisir que l’on eprouve a regarder defiler tes mots sous mon regard, avide et empressé… je sui obligé de le relir pour saisir ceux qui m’aurai echapés car trop vite lus. et encor une fois, pour el plaisir… le frisson dasn l’assenceur, l’attent devan la oprte.. le gout du café avec qqn qui nous ai cher… merci…a bientot j’espere…Chris

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