Dans une chambre au troisieme…

Ce qu’elle voudrait le plus ? Utiliser et abuser du temps, en dépenser sans limites, sans soucis, sans économie. S’en moquer, s’en offrir et en dévorer. Elle voudrait passer toute la matinée à ses côtés sans ressentir le besoin de sauter hors du lit à la première heure pour profiter de la journée. Elle voudrait ressentir ce sentiment de vie éternelle, de liberté et surtout… de calme. Car ils ont toujours l’angoisse de la séparation, le bruit insupportable de ces secondes sévères qui courent et les appels incessants de ses amis qui lui reprochent de trop la voir et de trop leur manquer…
Elle regrette plus que tout le regard triste qu’elle avait emprunté ce week-end d’août alors qu’ils s’étaient retrouvés pour un week-end. Elle était heureuse mais ne pouvait s’empêcher de redouter la séparation du dimanche soir. Son bonheur était piégé par trois jours, deux nuits…
Elle était arrivée à l’heure. Peut-être même un peu plus tôt. Il l’attendait, une orchidée à la main. Son regard romantique la fit rire. Ca ne lui va pas trop de jouer a l’amoureux… Ils se serrent. Elle est un peu intimidée par la réceptionniste qui les regarde sans aucune discrétion. Elle le serre plus fort comme pour marquer son terrain. Elle jette à cette dernière un regard qu’elle voudrait furieux mais qu’elle ne réussit sûrement pas. Elle est trop heureuse pour cela. Elle se moque d’elle-même et de sa possessivité. Elle le tient et souffre déjà du manque de temps. Elle a tellement de choses à lui dire, à lui avouer, à partager avec lui. Elle le fixe comme pour fixer son image dans sa mémoire pour un autre mois de souffrance. Car ils s’étaient déjà donnés rendez-vous en septembre. Dans une autre ville. Dans une autre chambre. Toujours tous les deux.
Elle a les larmes aux yeux. Il lui dit qu’elle est bête de bousiller le présent par la peur du futur. Proche. Elle corrige. Elle lui dit que deux jours plus tard, c’est un futur très… proche.
Et en effet. Dimanche soir. Elle pleure. Trop. Elle n’a pas envie qu’il la laisse seule, même si elle adore la ville et qu’elle a elle-même choisi de venir. Il lui dit que le temps passe vite et qu’ils allaient passer un autre week-end de rêve un mois plus tard. Elle pense qu’elle va devoir se coucher et se réveiller trente fois avant de pouvoir le revoir, le sentir, le toucher, l’embrasser… C’est comme ça qu’elle avait toujours compté. Par couchers. Et par réveils. Par battements de paupières.
Il l’accompagne à la station. L’orchidée passe de sa main à la sienne. Avant de descendre, elle regarde vers le haut. Il regarde aussi, pour savoir ce qu’elle regarde. Il sourit. Il comprend tout. Et j’ai la gorge serrée d’avoir laissé, une fois de plus, au troisième, encore un bout de mes secrets…

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