Dans un petit quatre mètres carrés

L’indépendance. But ultime de tout pays. Raison légitime de toute guerre. Cause justificative de tout crime. Slogan prétentieux du monde moderne. Conquête des femmes du 20ème siècle. Lumière dans les yeux d’un étudiant de 21 ans.
Nous prétendons tous être indépendants. Ou vouloir l’être, quand on ne l’est pas déjà. Nous travaillons en fonction de cet accomplissement. Et nous vantons toute réussite nous rapprochant de ce terminus.

Mais qu’est-ce que l’indépendance ? Est-il indépendant quand il ne peut démarrer sa soirée sans un verre dans une main et une cigarette dans l’autre ? Est-elle indépendante quand elle se décommande à la dernière minute parce que son chéri avait prévu d’autres plans ? Puis-je me sentir indépendante au volant de ma voiture, roulant à toute vitesse et laissant le vent entrer par la vitre me violer le visage quand c’est mon père qui me la offerte ? Peut-on se prétendre indépendant quand tout jugement extérieur affecte notre vie et détermine nos choix ?
L’indépendance, au sens large, c’est jouir d’une entière autonomie à l’égard de quelqu’un ou de quelque chose. Mais peut-on en jouir à l’égard de tout et de tous à la fois ? En choisissant d’être indépendant à l’égard de quelque chose ou de quelqu’un, ne devient-on pas, automatiquement, dépendant d’une autre chose ou d’une autre personne ?

En choisissant une indépendance financière à l’égard de mes parents, je dépendrais de mon boulot et de la discrétion de mon employeur. En choisissant une indépendance sentimentale et en rompant avec son petit ami de longue date, elle dépendrait désormais des règles du célibat et espèrerait, en secret, une nouvelle dépendance. En décidant de ne plus dépendre de ses amis et de sortir seul prendre un verre pour construire de nouveaux liens, il se surprendrait à voir dans ces liens nouveaux une certaine forme de dépendance qui ressemble bien à celle qu’il a connue et qui ne s’en distingue que par la couleur.

L’indépendance réelle n’existe pas.
Nous cherchons tous des liens. Ils changent dans la forme, dans la nature et dans l’intensité. Mais ils demeurent. Nous avons tous besoin d’avoir besoin de quelqu’un. Mais aussi, secrètement, qu’on ait besoin de nous. Nous cherchons tous une alliance, un contrat, un mariage, un engagement et surtout, quelque part, l’amertume de la rupture. Car sans elle, nos nouvelles dépendances n’auraient plus la même saveur.
Une indépendance ? J’en doute. Sauf, peut-être, dans la tête, après une journée fatigante, dans son lit, quand on se sent tout simplement bien sans raison spécifique et qu’on se surprend en train de sourire, pacifiquement, dans un petit quatre mètres carrés qui nous offre, malgré ses dimensions étroites, un drôle de sentiment… d’indépendance.

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4 Comments

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4 responses to “Dans un petit quatre mètres carrés

  1. jen sui emuejai le coeur qui bat, et les larmes au yeuxlemotion a ete intense… cet ecrit ma penetre…Tania

  2. Tania, tu m’avais manque :)Merci, je t’embrasse.

  3. enfin te voila… il y avait lontemps… je me languissait de tes mots… fatigués et fatiguants (oui, l’expression m’avait marquée 😉 c toujours avec le meme plaisir que je te retrouve ici… ciao bella, et a bientot.

  4. Je m’egare parfois.Mais je reviens toujours :)Merci chris

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