Il est beau, certes

Certes, il est beau. Comme il est beau le Liban. Le soleil. La plage. La famille. Les amis. Ce lit tellement étroit mais si confortable. La chambre inchangée de mon adolescence. Des photos de ces amis que je n’ai plus toujours accrochées sur mon mur. Des photos de mes premières amours. Des choses inutiles que j’ai gardées au Liban mais qui me font quand même tellement plaisir quand je les retrouve. Une odeur délicieuse qui se dégage de la cuisine à longueur de journée. Des gens qui rentrent et qui sortent régulièrement de la maison et qui la rendent si vivante, si réelle, si gaie. Des ballades en voiture a écouter des chansons que j’adore tout en fixant la mer, tout en la fixant tellement longtemps jusqu’à ne plus voir, jusqu’à rêver, imaginer, planer…
J’aime le Liban. Parce que mes parents sont réveilles quand je rentre. Ils sont assis sur la terrasse, a grignoter des choses qui n’existent qu’au Liban je crois, devant une télé qu’ils ne regardent même pas, a discuter de ces choses compliquees dont on parle souvent ici, ces mêmes choses dont on parlait l’année passée. Et celle d’avant. Et celle d’avant.
Et puis la plage. Le soleil qui brule la peau. Et je le laisse faire. Je veux le sentir. Jusqu’à avoir mal. Et pleurer la nuit quand les draps les plus légers provoquent une douleur des plus intenses. Et se laisser bruler le lendemain. Encore. Par besoin du soleil. Par envie. Par soif. Par avidité.
Les soirées. Des endroits en plein air ou il fait ni froid, ni chaud, mais bon, oui si bon d’y être. Des bars dans lesquels je retrouve mes amis d’école, mes amis de fac, mes voisins, mes amis de plage et mes amis du soir. Des paradis nocturnes ou l’on se voit, ou l’on se fait voir surtout, ou l’on boit, on l’on danse, ou l’on se dispute, ou l’on s’embrasse, ou l’on se fixe, ou l’on se rend jaloux, ou l’on se rend saoules, ou l’on éclate de rire, ou l’on se brule, ou l’on reste immobile, ou l’on hausse le verre, ou l’on se hait, ou l’on s’adore, ou l’on sort ensemble et ou l’on rompt…
Et puis il y a mon coiffeur. Au Liban, les relations avec les coiffeurs sont comme des histoires d’amour. Ce sont des relations monogames ou il est mal vu de tromper, mentir, tricher ou même avoir des aventures de cote.
Oui j’aime le Liban. J’aime ma voiture. Et mes petits cousins qui viennent souvent jouer et me reveiller par leurs rires d’enfant. J’aime voir des têtes que je connais. Et j’aime cette couleur d’or qui reflète le soleil libanais. J’aime le taboulé, j’aime ces gâteaux à la mélasse que ma mère me fait et j’aime l’odeur de notre café.
Il est beau le Liban, certes… Mais au bout d’un moment j’ai besoin de partir. Partir pour chercher plus, différent, ailleurs, plus grand, plus petit, plus difficile, moins joli, plus mature, plus responsable, moins beau, moins doux mais … plus vrai.
Au bout d’un mois et sept jours exactement… je veux partir. Pour peut-être, ou pas, revenir.

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