Ce n’est que social…

Certains avouent être influencés par la société. D’autres se disent rebelles et refusent de s’aligner. Ils préfèrent vivre en marge. Ils prétendent que la société n’impose point leurs choix, ne dictent en rien leurs comportements et n’affectent en rien leur sentiment de bien être. J’ai souvent fait partie de cette seconde catégorique. D’un air stoïque et du ton le plus léger que j’arrivais à performer, je me disais libre, ivre… vivante.
Et pourtant… la société devait confirmer mes actes. Et je remarquais la même attitude chez les autres aussi. Le bonheur serait donc que la société soit convaincue de notre bonheur. Le plaisir d’une chose nouvelle serait alors exposer la nouvelle acquisition aux autres pour sentir qu’on la possède. La fierté d’un succès quelconque serait de le fêter en groupe. La preuve d’une bonne attitude serait d’être considéré, par les autres, poli. La récompense du macho serait de promener sa nouvelle proie et d’obtenir le regard jaloux de ses amis. La confiance en soi d’une jeune fille dépendrait de son poids et de sa ressemblance aux filles anorexique des magazines. Mais est-ce vraiment le bonheur, le sentiment de plénitude, l’honneur, la vérité ? Quand on est réellement heureux, ne suffit-il pas de le sentir ou faut-il toujours l’exposer, le chanter, le crier ? Est-ce que notre réussite se mesure par la jalousie qu’on suscite ?
« Pour vivre heureux, vivons cachés » dit le proverbe. Et aujourd’hui, je ne pourrais être plus d’accord. Quand on essaie de faire ratifier sa vie par les autres qui gèrent à peine la leur – et encore – on perd son bonheur dans la superficialité de la société. Le bonheur, pour moi, existe quand la tranquillité veille sur mes rêves lorsque je dors, quand ceux qui comptent vraiment pour moi sont heureux et en bonne santé, quand je n’ai rien à me reprocher, quand j’accomplis mon travail, quand je ris avec une personne que j’aime, quand toute la famille est rassemblée à Noel, quand mon père me raconte qu’un nouveau chat est né dans le jardin, quand je réussis un examen que j’ai beaucoup préparé, quand il fait beau, quand il pleut et que dedans il y a la cheminée, quand c’est l’été, quand je reçois une lettre d’une amie d’enfance, quand je reçois une lettre tout court, quand l’odeur du gâteau que je viens de faire se dégage de la cuisine et que j’accours pour le sortir du four, quand ma copine commande un sandwich jambon fromage pour retirer le jambon à chaque fois – mon dieu combien ca m’exaspère -, quand c’est les vacances, quand mon frère se réveille, au plus tôt, à midi et que l’autre est réveillé depuis la veille, quand ma sœur me téléphone, quand je suis sous l’eau, quand l’avion atterrit sur l’aéroport de Beyrouth et que mon cœur bat fort, quand je retrouve une amie à la station, quand c’est Noel, quand Noel c’est fini parce que l’embouteillage quand même…, quand je pardonne, quand je me fais pardonner, quand je suis aimée mais surtout… quand j’aime. Oui, c’est ca le bonheur pour moi. Et puis que la société ratifie ou pas… ce n’est quand même que… social.

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