Et vous?

Nationalité. Un titre qui se transmet par le sang, le lieu de la naissance, la mère, le père ou la résidence selon les pays. Un titre qui définit nos droits, nos obligations fiscales, électorales et autres, notre vie, nos risques, nos opportunités, nos ambitions, notre existence. Un titre qui dépend de lois écrite par un seul homme ou par plusieurs selon le “développement” des structures politiques. Des lois qui flirtent avec le juste, le logique, l’arbitraire, la démocratie, la dictature, les parlements, l’Histoire.

Résidence. Un fait qui prétend localiser un être en perpétuel mouvement. Une affirmation qui se vante de pouvoir stabiliser un être vivant. Un statut juridique qui voudrait sédentaire un nomade-né ou un gitan qui se fout de frontières créés par des guerres.

Domicile. Une notion un peu plus sentimentale. Une notion imprégnée de gratitude, de souvenirs, de passé, de sang, de grands-parents, de villes, de villages, d’une école d’enfance, de Jounieh, de Shaileh, de Zouk, de Haddad, de Kfarchima, du Liban et de la Palestine. Un certificat d’identité plus réaliste qui sert de référence dans un monde qui s’uniformise et qui tente de détruire les appartenances culturelles diverses en faveur d’une appartenance mondiale.

Nomade je suis. Nomade j’ai été obligée d’être étant née dans un pays superbe et touchant mais malheureusement peu sécurisant. Nomade j’ai été obligée d’être dans un pays hanté par des vampires qui détruisent notre avenir au prix d’une liberté qui justifient leurs actions cruelles et insensées, une liberté qu’ils nous prennent au lieu de nous la donner, cette liberté de choisir de vivre là où l’on est né.

La résidence a dû changer. Et quand celle-ci se prolonge, certains ont eu droit à une autre nationalité. Une nationalité plus pratique puisqu’elle permet de voyager sans limite. Une nationalité moins pénible car libérée d’assimilations et de préjugés. Mais une nationalité artificielle. Car uniquement sur papier.

Nationalité. Résidence. Et un peu moins domicile. Que ces notions me paraissent archaïques et dépassées. Car aujourd’hui, ma mère résidant au Liban avec une persistance que je lui admire et que j’envie, ma sœur vivant à New York où les exigences de sa carrière l’ont emportée, mon grand frère vivant à Dubaï où il s’est installé, mon petit frère quittant le Liban pour habiter dans un désert où ses talents sont mieux appréciés, mon père pilote que je ne puis toujours localiser et moi seule à Londres arrachée à ma famille, ma terre, mes amis, ma voiture, ma chambre, ma mer, mon village, ma patrie, je refuse de croire en ces titres qu’on veut m’imposer.

Les politiques diverses me dégoutent. En ce qui me concerne, je n’ai ni résidence, ni domicile, ni nationalité. Et je me fous des papiers. Les gens que j’aime sont partout. Le liban m’a chassée. Non, ce serait abusé de dire qu’on a choisi de quitter. Car quand on arrive enfin à quitter un conjoint qui nous trompe et qui nous maltraite, c’est moins par choix que par nécessité. Alors qu’ils gardent leurs “clés, leurs cartes et leurs codes prisons pour nous retenir”. Ma famille, mes amis et moi habitons désormais le même pays. Ma famille et moi habitons le Monde. Et vous?

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