Je vole

Les résolutions du nouvel an m’exaspèrent. Parce que le fait d’attendre qu’une année se termine, douze mois lourds et alourdissant, des semaines entières, plein de dimanches soirs solitaires et moroses, des lundis matins ensommeillés et pas grandioses, des samedis où la fête se défait pour changer ce qui ne nous plait me semble ridicule.

Pourquoi ne pas changer aujourd’hui même, à cet instant bien précis, en enfilant son jeans, en se brossant les cheveux, en appelant sa mère, en se regardant dans le miroir ? Pourquoi ne pas se dire que voilà, ce matin, en mettant le pied dehors, je vais sourire comme une débile à tous ceux qui passent, même à ceux que je déteste, chasser la haine de mon cœur, le dégoût, la fatigue, passer mes chansons préférées dans la tête quand mon ipod meurt, danser en marchant et attaquer la vie avec un positivisme qui donne envie, avec une audace qui tue, avec une confiance qui rend perplexe.

Facile à dire. Parce que les saisons doivent passer. Les nuits doivent parfois se faire blanches. Les blessures doivent faire mal. Et les séquelles doivent rester. Les cicatrices prouvent que l’on a existé.

L’homme (malheureusement) a besoin de montres, de lois, de repères, de dates, de nombres, de temps. Une année nouvelle s’affiche et la raison (inutile) de remixer sa vie se présente. Une opportunité à ne pas manquer. Oui, 2011 je t’adopte, je t’apprivoise déjà, je te snobe, je t’enlace, je t’embrasse, je te plains, je te bois, je te mange.

Les vacances terminées, je m’en vais boire un verre dans le bar de la rue d’à coté. Ce bar qui n’a rien de particulier à part le fait que maintenant… il nous connait. Un verre de vin, un autre et puis un de trop. Des rires vulgaires qui viennent déranger l’ambiance sereine du lundi soir où les gens se font sages et disciplinés. Pas nous. Pas toi, ni elle. Et surtout pas moi.

Pas de résolution. Parce que le tout est naturel. Au fait, si. Une seule. Une seule, grande et grosse, qui englobe toutes les petites autres resolutions superflues et trop précises pour être respectées. Celle d’être heureux. Heureux dans tout le sens du terme. Mieux encore. Celle d’être libre.

Libre dans son corps. Dans ses pensées. Dans ses projets. Dans ses gestes. Dans ses paroles. Et surtout dans ses rêves. Qui peut les controler?

Et la liberté, ce soir, dans nos paroles sans artifices et sans retenue, dans tes cheveux longs et noirs que tu balances, dans sa bague trop flashy, dans nos envies qui débordent, dans nos aventures à faire couler de l’encre pendant des années, dans notre sensation de posséder South Ken, Londres, et le monde entier, je l’ai sentie. Je l’ai sentie dans mon sang, sur ma peau, et au plus profond de mon coeur. Parce qu’entre le mojito et la vodka, on a eu l’impression que ca va. Au fait… que ca ne pouvait aller mieux.

Il avait suffi de le décider. Et sourire à un étranger permet parfois de s’envoler.

Oui. Je vole.

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