Chapitre 6: Il a tout compris

Ci-dessous, le chapitre 6 d’un livre raté, jamais publié.

Huit heures du matin. Je sors comme d’habitude. Mais pas tout à fait. Parce qu’un sentiment de liberté jamais ressenti auparavant me comble et m’envahit. Un sentiment de légèreté me donne l’impression de flotter. Arrivée à la station de métro, je n’ai pas encore envie de rentrer. Parce qu’une fois dans le train, les têtes ennuyées et endormies vont me ramener sur terre. Et ce matin… je plane.

Huit heures du matin. Je m’assois sur un banc et je choisis le coin ensoleillé. J’aurais voulu que le ciel soit bleu. Cela aurait fait joli dans l’histoire. Mais le ciel était blanc.

Huit heures du matin. Sur mon banc je regarde les gens qui passent, les gens pressés, les couples qui s’embrassent vite fait sur la bouche pour se souhaiter une bonne journée et partir chacun de son coté, les jambes qui trainent et qui dérangent la poussière, les mains qui tiennent des cafés qui fument, les cigarettes qui s’écrasent au sol, les costumes qui passent, les talons aiguilles, les cravates, les visages pâles démaquillés… je regarde tout le monde avec un bonheur bête car inexplicable.

Huit heures du matin. Je suis la passante anonyme qui croise la vie de tout le monde en l’effleurant. Je l’effleure car je ne rentre dans aucune. J’adore mon rôle de spectatrice. Surtout après avoir joué si longtemps le rôle de l’actrice principale d’un film dramatique qui a duré plus qu’il ne le faut. Et qui a ennuyé tout le monde. Vous savez… le genre de film qui poussent les spectateurs à plonger la tête dans leurs sacs de popcorn, à s’embrasser en recherche d‘une passion quelconque, à s’endormir ou à tout simplement quitter…

Huit heures du matin à Londres. Sur un banc. En face de la station. Je regarde les gens avec un sourire béat qui ne veut rien dire. Un sourire qui n’a aucune raison d’être, aucune logique et aucune intention. Un sourire simple que je ne puis empêcher et qui s‘impose sans que je ne l‘ai provoqué. Les gens passent vite. Mais moi je me pose. Pour une fois, je n’ai pas envie de bouger. Je veux sentir chaque seconde qui passe. Je veux prendre le temps de digérer. Je me pose un moment pour vivre le matin. Pour accueillir une nouvelle journée de ma vie. Pour observer ce que souvent je dépasse trop vite. Ces moments qui ne reviennent pas. Ces 26 degrés si rares en Angleterre. Non… je ne vous raterai pas.

Huit heures du matin. Un Homme qui passe me sourit aussi. Oui il a tout compris.

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