The tube guy (ou le beau du métro)

La toute première fois que je l’ai vu, j’étais mal habillée. Collants déchirés, cheveux frisés et ballerines par la pluie décollées. Alors… je me suis cachée.

Il m’a plu. Il était beau. Il m’avait l’air arabe. Et j’aime ca. Brun. Ténébreux. Cerné. Les cheveux en arrière. Le costume impeccable. Un peu maladroit. A moitié endormi. Parfait pour moi.

Je remarquai sur son manteau bleu marine une tache de poussière blanche. Et je mis tous mes efforts au travail pour me retenir de ne pas commettre le crime d’essayer par une caresse involontaire de la faire disparaitre.

Il descendit à la même station que moi. Il était banquier. C’était maintenant vérifié. Je le vis s’éclipser et je regardai ma montre pour essayer de faire en sorte de le recroiser. Et très prochainement.

Les quelques jours d’après, je me fis belle. C’est-à dire que je me réveillai un peu à l’avance pour mettre un effort supplémentaire dans le combat journalier entre le séchoir et mes mèches rebelles.

Je le revis un jeudi. Et il me sourit. Enfin. Je crois. C’est difficile à dire quand on est plus de mille collés dans un wagon matinal. Mais j’aime à penser que c’était moi qu’il regardait.

Toute la journée, son sourire ne m’a plus quittée. Je m’amusai à deviner ses origines, son quartier, son prénom, ses secrets.

Je décidai alors de lui parler, la prochaine fois qu’on se reverrait. Parce que cette coïncidence allait se reproduire. Nos horaires étant apparemment synchronisés.

Et je le revis. Je sautai sur l’occasion pour provoquer un échange de paroles anodines. Au moment de la séparation, il demanda mon numéro de téléphone. C’était gagné.

Ce même soir, mes copines ont vite deviné dans mes yeux grands et bêtes qui ne savent rien cacher que j’avais une nouvelle à partager. Après une séance de fous rires sur mes aventures ringardes – qui ne manqua pas de m’exacerber- elles s’amusèrent à deviner la date et l’heure auxquelles il allait appeler. Eliminant du coup la possibilité qu’il ne m’appelât jamais.

Elles étaient toutes d’accord sur le fait qu’il allait faire passer deux jours. Deux jours pour éviter de passer pour un désespéré. Mais pas plus, pour ne pas donner l’impression qu’il aime jouer. Elles me réconfortèrent aussi à l’idée qu’à une fille comme moi…. On ne pouvait résister.

Je rentrai du diner flattée, sûre de moi, confiante et convaincue que le tour était joué. J’avais bien fait. Je pensai aussi a la tenue du premier rendez-vous officiel en dehors du métro. Je mettrai un jeans – une robe ca ferait trop – et des stilletos.

Cette histoire remonte a quelques semaines. Non… il n’a toujours pas appelé. Il a même dû changer de trajet. Merci les filles. Vous êtes gentilles. Et vos théories sont jolies. Mais le mec s’est enfui.

Tant pis !

Le prochain? C’est lui.

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