Je crois que je l’aime

Il m’est arrivé de la détester. De la détester au point de la refuser. Mais mon refus était voué à l’échec. Parce qu’elle était partout. Et je ne pouvais m’en échapper. Par manque de courage. Par besoin d’appartenance à la société. Par clairvoyance… puisque je savais qu’elle allait toujours gagner. Et qu’il ne servait à rien d’épuiser mes forces dans un combat perdu d’avance. Elle était plus forte que moi.

Il m’arrivait aussi de l’aimer. Même plus. De l’adorer. Parceque je ne ressentais pour elle que des sensations exagérées. Ce qui est typique à toutes les relations passionnées, démesurées, insensées.

Et je lui en voulais. Pour tout. Pour rien. Je lui reprochais de ne pas être à la hauteur de mes expectatives. Que ces dernières soient déraisonnables m’important peu. Je la mettais sur un piédestal. Et tout me décevait.

Je ne la comprenais pas. Elle pouvait me combler d’émoi. Et puis tout effacer par une pluie de larmes qu’elle provoquait et par un plaisir de faire du mal que je lui devinais. Mais elle était belle. Elle pouvait être chaleureuse des fois. Surtout le mois de juin. Et se distingue par un style classique que je lui envie.

Il y eut quelques rumeurs, à plusieurs reprises, qu’elle souffrait de problèmes de santé et qu’elle vivait ses derniers jours. Ces murmures me déchiraient. Même les jours où l’on était pas tout à fait connectée. Mais elle subsistait… Encore. En perpétuel commencement. En éternel renouvellement. Et je me fis à l’idée qu’elle est comme ca, lunatique, exagérée, impulsive, réactive, extrémiste… comme moi. Elle est instable, comédienne, surprenante, ironique, douloureuse parfois, déchirante souvent, mais belle, si belle, pleine de charme, qu’elle soit en fête… ou en larmes.

Oui, je l’aime. Même si je l’ai détestée. Je ne puis que l’aimer. Je lui ai écrit, tant de fois. Je l’ai observée. Je l’ai pensée. Et je l’ai trouvée, le plus souvent, tout simplement délicieuse. Parce qu’elle ne cessera de me surprendre. J’aime la vie. Parce que maintenant je la prends comme elle est. Et à ses humeurs, je me suis habituée. Et puis je sais qu’en fin de journée, elle plonge dans un sommeil qui me ramène la sérénité. Après tout, la vie et moi, maintenant, on s’entend plutot bien.

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