20 ou 20 + 5

Un étranger s’installe a cote de moi. Pour faire la conversation, il me pose ces questions qui ne servent a rien. Mes années d’expérience, mon éducation, mes plans pour le weekend… et mon âge.

Comme toute femme, surtout libanaise, je me révolte d’abord – gentiment, discrètement, intérieurement – de la question indiscrète a laquelle je fais face. Puis je me résous. Et vite. Parce que je me dis que s’il juge approprie de me la poser, c’est qu’il pense que je me situe encore dans la tranche d’âge ou l’on a envie de dire… son âge.

Mais je mens. En souriant. Enfin, presque. Mais y a pas de mal a mentir quand il s’agit de ne pas vouloir vieillir. Je dis que j’ai 24 ans. Et ce n’est pas tout a fait faux. Sauf que mes 25 s’installeront pour de bon dans 5 jours, 5 jours exacts et ronds.

Mes 25 ne sont qu’un quart de siècle. Mais ils constituent, comme beaucoup de choses dans la vie, un croisement qui me pousse à m’asseoir et a réfléchir.

Parce que cet âge-la, symbolique et théorique, a toujours représente une date qui serait historique. Enfant, je voulais me marier a cet âge. Porter une robe énorme en dentelle blanche rosâtre (tant pis pour le ridicule, je serais princesse pour un jour puisque je ne le suis pas de sang).

A dix-huit, je voulais que les 25 viennent clôturer une étape d’instabilité, un bon début de carrière, un emplacement géographique déterminé, signé, choisi, ratifié. Et des amitiés inchangées.

Je voulais aussi me débarrasser de mes mèches blondes pour être plus nature, enfin accepter mes formes et mes courbures, oublier certaines blessures et savoir ce qui se dessine devant moi.

Les 25 ans sont la. Eux seuls et seulement. Parce que la robe de princesse repose patiemment quelque part dans mon inconscient. Le coin de la planète que je choisirai encore une question en suspens. Mes cheveux de plus en plus blonds et presque blancs. Mes amours parfois imprégnées d’arrogance mais très souvent en quête d’une autre chance. Mes amitiés… Ephémères. Et mes projets en perpétuel recommencement.

Et pourtant … Je ne voudrais pas trop me plaindre pour autant. Parce que des choses, durant ces années, j’en ai fais. Beaucoup. Et j’ai même instaure une nécessaire stabilité. Car même si tout bouge autour de moi, même si je ne sais ce qui adviendra, même si mes idées sont restes a leur état de puissance sans passer a l’action, même si je ne sais pas si ce garçon est le bon… Je commence a me connaitre et ceci d’un angle plus profond… Et je snobe tours les points d’interrogation.

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