Beyrouth

Je réponds “Beyrouth”. A la question toujours déplacée qui veut savoir où j’ai été.
La réponse échappe mes lèvres mortes avec autant de vie que celles-ci. Je n’aurais pas repondu. Si je n’étais pas obligée. Faire la gueule dans un milieu professionnel m’a été déconseillé.

Pourtant, ma peau bronzée le crie. Que sous mon soleil libanais j’ai brûlé jusqu’à la nuit. Pourtant mes cernes le dévoilent. Que j’ai fait la fête et que j’ai couché avec les étoiles. Pourtant mon humeur le montre bien. Que me réveiller à Londres ne fut pas la joie ce matin.

Oui, j’ai été à Beyrouth. Encore. Exactement. Non. Le reste de la planète ne m’intéresse guere. J’ai chez moi tous les péchés de la terre. Ceux que vous ne connaitrez jamais. Puisque ce n’est pas là bas qu’est né votre père. Le Liban, faut en avoir le sang pour le comprendre vraiment …

Il est quand même grand temps qu’ils comprennent, que les jours fériés pour moi ne peuvent rien cacher, qu’ils pourront facilement me retrouver, dans un lit au cinquième, ou scotchée avec mon père devant la télé.

Qu’ils comprennent ces maudits anglais. Que si eux ont la malchance de travailler là où ils respirent, moi je travaille chez eux… Et je respire les pieds dans l’eau sur une terre choisie par Dieu.

Et dans un voyage de l’esprit, à partir d’un coin du monde triste et gris, un moment beyrouthin, quoique anodin me revint … Musique. Volent. Vitesse. Vent. Bonjour au voisin.

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