Hors competition

Le féminisme, je n’ai rien contre. Mais rien “pour” non plus. J’aime la femme. Mais je n’ai jamais ressenti ou remarqué ses droits aliénés.
Non pas que je vive dans ma bulle. Ou que je sois insensible aux changements fondamentaux qui doivent avoir lieu urgemment, surtout dans ma société libanaise et surtout au niveau du Droit. Que la femme puisse donner la nationalité à ses enfants. Que ses droits soient protégés en cas de divorce. Etc. etc. Bien sûr.

Mais j’ai toujours vu en la femme un pouvoir qui va au-delà. Un pouvoir tellement puissant qu’il ne requiert ni loi ni Parlement.

Les féministes ne m’exacerbent pas. Mais ils m’indiffèrent. Ou plutot… Ils m’intriguent. Peut-être parce que je n’ai jamais vraiment compris pourquoi une femme voudrait être l’égale de l’homme. Quand elle est complètement différente.

Alors pourquoi le rappeler? Pourquoi souligner ce traitement differentiel quand le silence sur l’affaire nous conviendrait parfaitement ?

Et si je me pose la question, c’est que l’idée m’est venue très soudainement aujourd’hui, un samedi autrement banal, sur la terrasse d’un café idiot de mon nouveau quartier rue gloglo.

J’ai rencontré une femme. J’aurais pu la croiser comme on croise un passant anodin. Comme on dit bonjour au voisin. Sans s’y attarder. Et sans s’y intéresser spécialement.

Mais il s’est fait qu’on s’est parlé. Et la conversation a englobé les sujets les plus divers, du travail, à la cuisine, au vin, à la famille, aux enfants, au bel italien d’à coté, au meilleur shampoing, à la révolution d’Egypte, aux profitéroles, à la religion et à nos idoles.

Son attitude completement détendue, qui soupire qu’elle ne craint aucun affront, sa génerosite, physique d’abord de par ses formes généreuses et sentimentale de par la franchise de ses paroles, me toucha et me poussa, naturellement, à m’exposer (presque) autant.

On discuta pendant des heures. Et j’ai vu en elle ce qu’une femme doit être. Traditionnelle. Quoique ouverte d’esprit. Fan de cuisine. Sans que cela ne porte atteinte à son statut de femme moderne. Ambitieuse. Sans que cela ne soit une preuve d’existence. Jolie. Sans efforts. Et sans cette obsession de plaire à son mari.
J’ai vu en elle la femme subtile qui m’ensorcelle.

Et en y pensant, je réalisai, tristement, que ce qu’elle est ne devrait pas tellement me choquer. Ce qu’elle est aurait du être une banalité. Toutes nos mères le furent et le sont. Mais c’est par comparaison aux filles d’aujourd’hui, parfois anorexiques et contre la cuisine, souvent féministes et défensives que j’eus cette envie d’être une femme. Maman ou pas. Célibataire ou la bague au doigt. Carriériste ou femme au foyer. Peu importe. Tant que tout relève du choix. Du choix réfléchi, libre, indépendant.

Ni inférieure, ni supérieure. Et surtout, surtout, pas égale. Juste femme.

Parce qu’une femme, une vraie, est hors compétition.

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