PC (ce n’est pas un ordinateur)

L’histoire ne s’est pas bien terminée. Elle n’avait pas bien commencé au départ et il n’est pas sûr qu’elle soit réellement finie aujourd’hui. Enfin, surtout pour elle.
Mais elle le sait… qu’il n’est pas fait pour elle. Qu’elle mérite mieux. Plus d’attention. Plus de temps. Et surtout… surtout… l’éventualité, même lointaine, même… éventuelle, d’un avenir. Elle ne l’exigeait pas dans l’immédiat. Elle n’exigeait que le rêve de celui-là. Et toute femme en a le droit.


Elle décide alors de le quitter. Fini. Lui, c’est la passion qu’il veut. Elle, la passion aussi. C’est une passionnée, une folle. Mais de la passion + un tout petit peu de raison aussi… Et quoi de plus normal ? Parce que la passion à elle seule, et au fil des années, détruit. Quand on s’y plonge, c’est souvent par envie et aussi, surtout, par arrogance. Que l’on possède ce pouvoir d’ouvrir une parenthèse et de la fermer. Que tout est contrôlé. Elle avait surestimé ses pouvoirs. Elle avait eu tort. Sa parenthèse, à elle, n’a pas su se refermer. Et il n’y a rien de pire qu’une parenthèse ouverte. ( Essayez.
Elle accepte alors, en se forçant, quelques invitations à diner. Avec des garçons bien qu’aimerait beaucoup sa mère. Des garcons avec qui elle pourrait, si elle le décidait, faire des projets. Ces hommes qui la regarderaient les yeux grand ouverts, beaucoup trop fiers, d’avoir l’occasion de partager, avec elle, la soirée.
Pendant qu’ils remuent leurs lèvres, vantent leurs succès et leurs exploits, elle pense à l’autre, à leurs soirées bêtes et enfantines, à la musique qui les unit, aux verres de vin, aux folies que seul lui sait installer, à ce qu’elle ressent quand elle est avec lui, dans ses bras, dans son regard, et dans sa vie. Elle s’y sent vivante. Tout simplement.
Avec les autres, sa vie semblerait prendre un tournant classique. C’est-à-dire triste. Un destin qu’elle appellerait tragique. Un dessin tout droit, bien souligné. Alors avec l’Autre… rien n’est prévisible. Et c’est ce qui l’avait attirée au départ. Ce plongeon dans le vide. Cet abandon total. Et cette faculté de se moquer, à deux, de la vie…
A peine son diner achevé, sans dessert, sans café, bien précipité, elle l’appelle. Elle appelle son obsession, sa drogue, son plus grand péché. Elle l’appelle sachant que ce serait comme à chaque fois, un moment de pure extase, une évasion là où elle ferait mieux ne plus aller, des rires exagérés mais tellement ressentis, du bonheur à l’état pur, sans artifices. Juste vrai.
Elle irait le voir… parce qu’elle pensera qu’il n’y a que lui pour elle. Qu’il la comprend. Qu’il ne peut peut-être pas lui promettre amour éternel mais qu’il est le seul à lui offrir l’amour conjugué au présent. Elle ira le voir parce qu’elle aura l’impression qu’il est au final, et par comparaison, son prince charmant.
Sauf qu’un prince charmant l’est dans l’absolu. Et jamais par comparaison.
Elle rentrera chez elle triste, dégoûtée, vidée. Elle se dira que voilà c’est fini. Elle effacera son numéro, le bloquera de sa boite à lettres. Elle lui dira aussi de l’oublier. Il n’essayera pas de la convaincre du contraire. Il saura très bien qu’il ya une parenthèse à jamais perdue et plein, plein, de points de suspension… partout …

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