Dounia

Dounia est belle. Dounia est frêle. Elle est élégante, Dounia. Elle a la taille, elle a le corps. Elle a les yeux grands et le regard fort. Elle a le rire facile, explosif et léger. Elle s’en fout de ce que l’on peut penser. Elle ne cache pas les dents quand elle rit aux éclats. Et quand on l’entend rire, on a l’impression que tout ira. Elle a les cheveux longs, souples et ondulés. Aux couleurs de la nuit et à l’odeur du sucre brulé. Elle a la peau douce et pâle. Elle a la parole franche qui n’a rien de banal.

Elle a le job qu’elles veulent toutes. Sans hésitation quelconque, elle connaît sa route. Elle mange ce qu’elle veut sans que ses hanches en pleurent. Elle fonce dans la vie, elle n’a pas peur. Dounia aime la musique et aime danser. Quand elle bouge, elle est gracieuse. Les autres ont l’air gourdes à ses cotés. Elle vit sa vie, elle est heureuse. Elle est libre Dounia. Elle a le culot, que nous – bêtes gentilles polies- nous n’avons pas. Elle ne se fait pas marcher sur les pieds. Elle s’impose, avec un sourire qui laisse bouche bée. Elle a un homme qui sait qu’il faut tantôt l’aimer et tantôt la laisser s’évader. Elle a ses peintures pour dessiner le monde qui lui plait. Elle a la démarche agile et des doigts de fée. Elle a de l’aquarelle sur les murs et ça a un joli effet. Elle a une nonchalance délicieuse qu’on échoue à imiter. Elle porte dans son regard l’univers et son immensité. On y plonge pour se perdre, pour se retrouver. Elle écoute comme si nos mots, elle les dévorait. Elle se confie comme pour notre âme pénétrer. Elle a une balançoire dans son jardin toujours fleuri, même quand le printemps est depuis longtemps fini. Les fleurs ne meurent pas chez elle. Chez nous, même les cactus ont du mal à battre l’aile. Elle ne s’excuse pas d’être, Dounia. Elle est, et puis tant pis si ca plait pas. Elle est drôle aussi, comme si ca ne suffisait pas. Mais le jour où, sur sa balançoire qui ne grince pas, elle nous confia ses incertitudes cachées et son plus vilain secret, impulsivement et sans la moindre méchanceté, nous ne pûmes empêcher comme un soupir soulagé. Et pourtant… Dounia, nous l’aimons. Sans fin. Mais qu’elle redevienne humaine, bizarrement, nous fit du bien. ©

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