Moustique

J’aime mes matins. Même quand je me réveille quand déjeunent certains. J’aime savourer mon café en me prélassant au creux de mon lit douillet, la mine encore fatiguée, les idées en slow motion et les cheveux trop frisés, vérifier ma boite à lettre, lire l’email d’une bonne copine, sourire seule devant mon ordinateur, écouter Barbara, me demander quel temps il fera. Mon café, je n’aime pas qu’on me le fasse. J’aime bien le concentrer, et remplir seulement à moitié la tasse. Faire un bon café est tout un art. Celui des autres a un goût bizarre. J’aime que le matin représente, même faussement, un nouveau recommencement. Toutes les possibilités, le néant. J’aime qu’il soit calme, qu’il soit lent. Qu’il efface les chagrins de la veille. Qu’il réduise ses tourments, qu’il promette des merveilles. J’aime la journée, son bruit, ses nouvelles.

Quand mon frère se promène à la maison, une tranche de pizza froide à la main. Quand je retrouve mes copines pour un déjeuner ou un thé au jasmin. J’aime que ma chanson préférée passe à la radio. Qu’elle vienne de commencer et que je n’en rate aucun morceau. J’aime les soirées Beyrouthines. Les verres en terrasse et la même routine. Recevoir les confidences d’une copine. J’aime reconduire seule chez moi, tard dans la nuit, repenser ma vie puis hausser le volume de la musique pour taire dans ma tête le bruit. Monter le volume pour assourdir mes soucis de paroles légères et de notes jolies. Mais je n’aime pas la nuit. Je l’ai dit et redit, elle exagère la vie. Je n’aime pas le silence qui m’envahit. Je n’aime pas que mon oreiller déclenche les ennuis. Les minutes sont interminables quand on souffre d’insomnie. Je n’aime pas cette peur injustifiée que le matin ne se lève jamais. Ni le souffle du vent sur mes volets. Et quand enfin je ferme l’œil, c’est alors qu’un moustique décide de faire sa tournée. Un moustique, c’est petit mais violent. C’est low profile mais très méchant. Ca interdit le repos, le rêve, l’abandon. La complicité entre la nuit et les moustiques n’a rien de bon. Ils se nourrissent d’amertume plutot que de bonbons.©

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