Ma derniere lettre, peut-etre

Ce fut une des plus belles périodes. Une période qui nous rendait heureux je crois… Enfin, surtout moi.
Une période presque parfaite. Je dis presque, car la peur de la voir s’achever me nouait la gorge. Je planais dans un bonheur simple atténué légèrement par une raison préventive qui se veut protectrice. Je croyais en tes plans impossibles. Et j’adorais l’impossible… Y croyais-je vraiment ? Peu importe. Le cri d’y croire était tellement strident que la vérité ne pouvait que paraître ridicule. Je ne sais pas si j’y croyais. C’est un moment fou dans lequel on se permet de se mentir. Se mentir, oui… Se mentir pour s’offrir un amour possible et illimité, un amour qui pourrait s’étaler dans l’avenir. Mais quel avenir ? Dis-moi quel avenir…
Ce fut une période naïve. Une période ensoleillée de fous rires et de promesses fragiles. Une période dans laquelle je fuyais l’amour. Un amour qui s’imposait à tout prix malgré la distance que j’installais et les bons conseils que j’acceptais volontiers.
Oui, ce fut une période qui me vola un bout de vie, un bout d’innocence, un bout de jeunesse, un bout d’été. Pour me faire grandir, souffrir, mûrir et surtout mourir un petit peu. Mourir un peu, pour ensuite revivre une vie sans toi. Une vie sans toi mais tellement différente de celle qui a précédé ton entrée. Une vie que tu as tellement changée…
Ce fut une période pressée et bien remplie, une période volatile et instable, alcoolique et déséquilibrée, interdite et… délicieuse. Une période folle sans doute. Mais surtout très… voulue.
Une période dont je me souviens. Une période que j’essaie parfois de reconstruire poussée par le goût du souvenir. Alors je te donne rendez-vous à la même heure au même endroit. Je prétends pouvoir ressusciter des mois tellement passés et surtout dépassés. Je réinvente le décor, l’ambiance et les mots qu’il faut. Et puis je réalise que l’impossible ne vient qu’à l’improviste. Il s’impose une seule fois quand il n’est point désiré. Le rappeler serait inutile. C’est un jeu soumis à des règles injustes et illogiques.
Une belle période certes. Mais belle et puis c’est tout… Un moment qui s’écoule et qui ne revient plus. Un moment insusceptible de reconstruction. Un moment qui s’envole. Comme se sont envolés tes mots et tes baisers. Un moment que j’ai aimé sans doute, peut-être… mais peut-être pas. Je ne sais plus distinguer réel et imaginaire, rêve et mémoire. Peu importe. Puisque tout appartient à hier désormais.
Une belle période. Une belle période que je salue. Une belle période qui m’est étrangère aujourd’hui. Une belle période superficielle de beauté, détruite par l’hiver et délaissée par l’été. Une période qui réapparaît sans cesse par le biais de nos regards perdus qui se croisent parfois comme pour mieux se séparer, des regards tristes qui se ressemblent tellement mais qui ne peuvent plus jamais coexister.

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6 Comments

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6 responses to “Ma derniere lettre, peut-etre

  1. ali

    hello karendont know if u can read english,interestedm to know what the blog is about but i cant read french plz help….shu mawdu3 el blog plz

  2. hey,well i dont see the point in telling u what my blog is about and get u interested in it since u wont be able to read it or understand it in the future…I will try to describe it in a few words to show its content and purpose just in case u were really interested which still seems completely illogic to me.My blog is a part of my life. It reflects my perception of beauty, love, happiness, hate, friendship, deception, truth, hope, faith, breakups, looks, family, etc. Most of all, it allows me to express myself using the power of words to show that real life, even when it seems empty and meaningless, is not boring at all and every second of it deservs to be told and shouted.You might not be able to read it, but as a summary, u just need to know that it’s a way i chose to share feelings and thoughts with people whose lives are very close to mine.Karen.

  3. comme d’habitude dans ces textes qui n’appartiennent qu’a toi, je ne me sent pas le droi d’émettre un quelquonque commentaire, ou transpirerai sans doute un avis ou un jugement, ce que je me refuse a faire… je vais donc m’efforcé d’etre scupuleusement objectif en ne parlant que de la forme, omettant ainsi le fond, s’il etait toutefois possible de le faire. voila pourquoi j’aime te lire… pour ton style débridé et cahotique, intuitif, impulsif, émotif… trop peu etre me diras tu… c’est pourtant ce que j’aime quant tu ecrit…quant tu t’abandonne a l’écriture, sans reflexion ni détour… un écrit éclatant de sincérité… brillant en tout point…

  4. Merci chris!je me demande comment tu fais pour savoir quels textes ont ete ecrits intuitivement et quels autres ont fait lobjet de reflexions.. en tout cas, tu gagnes toujours.je tembrasse…

  5. karen ca fait plaisir – de nouveau- de sentir un texte t’appartenir.Merci pour avoir ecrit “Ma derniere lettre peut-etre”.Et dire qu’on croit que chacune de nos vies est exclusive des experiences des autres…

  6. Merci karim.Heureuse que ca te plaise.Je nai jamais cru ma vie differente de celles des autres. Je nai pas la pretention de vivre l’exceptionnel.J’essaie simplement de m’attarder sur certains moments qui en valent la peine. J’essaie de saisir l’instant. :)Karen.

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